Lise Couzinier

artiste scenographe – photographe

L’eau est elle la même des 2 côtés du bateau? / Is water the same both sides of the boat ?

L’EAU EST-ELLE LA MEME DES DEUX COTES DU BATEAU ?  / IS WATER THE SAME BOTH SIDES OF THE BOAT ?

Raconter l’eau et son infinité de possibles, tel est le pari que s’est donné Lise Couzinier avec son exposition « L’eau est-elle la même des deux côtés du bateau ? ». Eaux vives, eaux troubles, eaux dormantes, eaux profondes, eaux douces ou eaux salées … L’eau  est l’insondable, curieux mélange de fascination et de terreur. Polysémie, dualité, multiplicité … Comment appréhender cet élément, ce mystère universel ? Cerner cette opacité et cet absolu que représentent l’eau? Tant d’ambivalences et de contradictions l’emprisonnent. Fluctuation, oscillation,  pulsation continuelle de l’infini, l’eau demeure depuis des temps immémoriaux le symbole de la naissance du monde, « la materia prima »  reflet du cœur humain. Réceptacle de nos passions et projections de nos espoirs. Élément vital et primordial, elle est à la genèse des choses,  utérine, féconde et fertile, elle porte intrinsèquement en elle tout germe de vie.

Depuis toujours l’élément aquatique transcende et régénère. A travers toutes les mystiques et toutes les religions l’eau absout. Dans cette dissolution la destinée humaine se purifie.  Par son silence et son fracas, son potentiel  créateur ou destructeur, l’imprévisibilité de ses forces naturelles, l’homme se place comme spectateur ou acteur, déjouant ses pièges, amadouant ses tempêtes, apprivoisant ses humeurs, contemplant sa beauté.

Elle distille au compte-gouttes la vie et la mort. La destinée humaine se joue dans ses entrailles, machine à broyer les êtres mais tout aussi prompt à engendrer les rêves. De cette tradition toute romantique les plus grands artistes ont puisés aux sources de cette eau vénéneuse : Friedrich, Flandrin, Turner…  Géricault et son Radeau de la méduse où le sort de cette humanité devient  anecdote, infime jouet du sort perdu dans l’immensité de l’océan. Ces hommes au cœur de cette mer hurlante reverront-ils la terre ?

Victor Hugo dans son œuvre « Ma destinée » représente  l’impitoyable  assaut des vagues en une mer démontée, lame implacable bouleversant les âmes, tempête enragée,  miroir des errances de la pensée.  L’eau est aussi un défi à dompter, un Styx à traverser. Certains la franchissent, d’autres n’en reviennent pas. Elle est ce pont entre les hommes, ce lien entre les terres, cette frontière invisible qui unit ou déchire les hommes.  Fragile fil tendu qui lie et délie au gré des courants.

Souvent les hommes ont scruté l’eau, rêvant à d’autres et meilleurs lendemains. Pouvoir traverser et enjamber cet infini. L’eau comme sésame à d’autres vies, le passeport pour un hypothétique Eldorado. Pacifiée, elle est méditation, et dans son mouvement hypnotique elle procure la sérénité et l’apaisement.Ondoyante elle est sensuelle,érotique. Devenant l’Eros charnel, elle s’oppose alors au Thanatos sombre des eaux obscures. L’eau joue le double jeu, l’ambiguïté constante, elle est l’indiscernable,  le reflet de nos êtres incertains.

L’exposition de Lise Couzinier nous fait ainsi louvoyer à travers différents médiums et œuvres plastiquement très hétérogènes (photographies, sculptures, dessins, installations … ). L’artiste ne prétend pas donner une vision exhaustive de la thématique si riche d’interprétations. Elle réussit avec talent la périlleuse gageure de nous faire voyager et d’éveiller notre imaginaire ensommeillé.

 Textes de ©Bérengère CHAMBOISSIER

IS WATER THE SAME BOTH SIDES OF THE BOAT?

Telling stories about water and its endless possibilities, such is the challenge that Lise Couzinier presented herself with her exhibition « Is water the same both sides of the boat? ». White water, troubled water, sleeping water, deep water, fresh water or salt water … Water is an unfathomable, strange mixture of fascination and terror. Polysemy, duality, multiplicity … How to apprehend this element, this universal mystery? To identify this opacity and this absolute that water represents? So much ambivalence and contradiction is trapping it. Fluctuation, oscillation, continuous pulse of the infinite, water remains from time immemorial, the symbol of the birth of the world, « the materia prima » reflection of the human heart. Receptacle for our passions and the projection of our hopes.

A vital and primordial element, it is the genesis of things, uterine, fruitful and fertile, she intrinsically carries any seed of life. The water element transcends and regenerates ever since. Through mysticism and religion water absolves. In this dissolution human destiny is purified. By its silence and its roar, its potential as creator or as destructor, the unpredictability of its natural forces, man stands up as a spectator or actor, outwitting its traps, coaxing its storms, taming its moods, contemplating its beauty. It distils life and death with a dropper. Human destiny is decided in its womb, machine for crushing beings but just as quick to generate dreams.

 From this all romantic tradition, the greatest artists have drawn from the sources of this poisonous water: Friedrich, Flandrin, Turner …

Géricault and his Raft of the Medusa where the fate of humanity becomes an anecdote, a tiny stroke of fate lost in the immensity of the ocean. At the heart of the howling sea, will these men sight land ever again? Victor Hugo in his work My destiny depicts the merciless assault of the waves into a wild sea, implacable blade shattering the souls, raging storm, mirror of the wanderings of thought.

Water is also a challenge to overcome, a Styx to cross. Some cross it, others never return. It is the bridge between men, the link between the lands, the invisible border that unites men or tears them apart. The tight fragile thread that binds and unties according to the currents. Men have often peered into water, dreaming of other yet better tomorrows. Being able to cross and span this infinity. Water as a sesame to other lives, the passport for an hypothetical Eldorado.

 When pacified, it is meditation, and with its hypnotic movement, it provides calm and serenity. Rippling, it is sensual, erotic. Becoming the earthly Eros, it then opposes itself to the gloomy Thanatos of the dark waters. Water plays a double game, the constant ambiguity, it is indiscernible, a reflection of our uncertain beings.

Lise Couzinier’s exhibition thus tacks us through different mediums and artworks plastically highly heterogeneous (photographs, sculptures, drawings, installations …).

The artist does not claim to give a complete picture of the thematic so rich in interpretations. She manages with talent the perilous challenge to make us travel and awaken our sleepy imagination.

 

Blanche dérive Installation, sculpture, dimension, L.6 mx h.1,70m x l. 2 m. Marseille, 2013.

 

Blanche dérive

Installation, sculpture, dimension, L.6 mx h.1,70m x l. 2 m. Marseille, 2013.

 

L’installation « Blanche dérive » nous questionne sur la fragilité de la vie et sur la destinée.
Moyen de transport plus ou moins tangible, le bateau se veut ici fantomatique, mystérieux, telle une vespérale et intrigante présence.
On pense à « l’Ile des morts » d’Arnold Böcklin et à cette barque où Charon, le passeur des âmes, conduit un défunt tout drapé de longs voiles blancs, pour son dernier voyage vers un rivage inconnu. La blancheur et la transparence de l’œuvre (corollaires au linceul mais aussi au voile de la mariée de la jeune fille) interrogent sur l’impermanence et la vulnérabilité des choses. La seule couronne de roses abandonnée dessus nous rappelle à une évanescente présence féminine : couronne d’épousée ? Couronne d’épines de jeune martyre ?
Le spectateur se place face aux thèmes intimement imbriqués de l’eau, de la femme et de la mort. C’est autant ici la présence que l’absence de la femme qui est mise en scène.
Les références sont foisonnantes : de la tragédie d’Ophélie de Shakespeare à la douce Ophélia de Rimbaud, des jeunes filles flottantes et spectrales des toiles de Cabanel et des préraphaélites, mais aussi la légende d’Ondine et toute la mythologie féminine aquatique, nymphes et autres sirènes.

White drift

The installation White drift raises questions about the fragility of life and destiny. Means of transport more or less tangible, the boat is supposed to be here ghostly, mysterious, such a vesperal and intriguing presence. One thinks about the Isle of the Dead by Arnold Böcklin and the boat where Charon, the ferryman of souls, leads a deceased draped in long white veils, for his final journey to an unknown shore. The whiteness and the transparency of the work (corollary to the shroud but also to the bridal veil of the young girl) question about the impermanence and vulnerability of things. The only wreath of roses abandoned on it reminds us of an evanescent feminine presence: a bride’s wreath? Crown of thorns of a young martyr? The viewer stands face on to the intimately interwoven themes of water, of woman and death. Here this is the presence as much as the absence of the woman which is put on stage. References are abundant: from the tragedy of Shakespeare’s Ophelia to the sweet Ophelia by Rimbaud, floating and spectral young girls from the paintings by Cabanel and the Pre-Raphaelites, but also the legend of Undine and all the aquatic feminine mythology, nymphs and other mermaids.



Mer de nuages©Lise Couzinier

Mer de nuages Photographie, tirage sur forex 70×100 cm 42° 52′ 34″ Nord 2° 21′ 03″ Est, 2011.

Mer de nuages
Photographie, tirage sur forex 70×100 cm
42° 52′ 34″ Nord 2° 21′ 03″ Est, 2011.

Cette œuvre photographique nous parle de notre destin, du questionnement intime de l’homme face à la vie, face à lui-même. Telle une silhouette perdue qui s’évanouit dans la brume, le sens de la vie de l’homme se noie dans une mer de nuages. Qui est-il cet homme flou ? A l’instar d’un Chateaubriand ou d’un Lamartine des temps modernes, passionné et torturé, il est à la recherche de lui-même, méditant en son for intérieur. Il peut alors rêver à un sens, imaginer un chemin, espérer une éclaircie qui redonnera lumière et paix à cet étrange songe éveillé et disperser ainsi les maux de l’âme et les nuages, représentations des errances et des turpitudes de l’homme. Dans cette rêverie toute romantique, la nature prend une place prépondérante, elle est menaçante, difficilement apprivoisable, immense et puissante face à la petitesse de l’homme mais elle est aussi le refuge des passions, le réceptacle silencieux et toujours présent des tourments de l’homme.

Sea of clouds

This photographic work tells us about our destiny, intimate questioning of man facing life, facing himself. Just like a lost silhouette fading into the mist, the meaning of human life is drowning in a sea of clouds. Who is this blurred man? Following the example of Chateaubriand or Lamartine of modern times, passionate and tortured, he is in search of himself, pondering in his heart of hearts. He can then dream of a sense, imagine a path, hope for a ray of sunshine which will restore light and peace to this strange daydream and thus disperse the evils of the soul and the clouds, representations of the man’s wanderings and turpitudes.
In all this romantic reverie, nature plays a predominant role, it is threatening, hardly tameable, immense and powerful compared to the smallness of man, but it is also the refuge of passion, the silent but ever present receptacle of man’s torments.

 

©LiseCouzinierRougeCiel

Rouge Ciel Photographie, tirage sur forex 70×100 cm , Egypte, 2009.

Rouge Ciel

Photographie, tirage sur forex 70×100 cm , Egypte, 2009.

Dans cette photographie, l’artiste place un homme de dos, juché en haut d’une tour. Cette œuvre est celle de l’attente, du questionnement, de l’incertitude.
Il est le spectateur attentif et patient, scrutant les eaux miroitantes du soir venant. Nous sommes face à l’expectative hypothétique d’une arrivée ou d’un départ, et l’homme est ici le gardien de cette terre, celui qui annoncera un changement à venir mais aussi celui qui l’attend, l’espère et l’appelle de tout ses vœux.
Tel le lieutenant Drogo du Désert des Tartares de Dino Buzzati, cet homme regarde le temps s’écouler, la fuite inexorable du temps comme chaque grain de sable passant de façon inéluctable dans le sablier. Il est certainement dans l’énigme des choses à venir, mais détient par sa position élevé l’assurance de savoir ce qu’il adviendra.
Devenant le garde fou, le sage du mirador, le maintien fragile mais tangible d’une relative paix. Le soleil couchant baigne l’œuvre d’une douce mélancolie, d’une beauté diffuse qui étreint, ces couleurs rougeoyantes annoncent la nuit à venir, un changement de lumière, un autre jour que cet homme attend. L’attente et l’espoir.

 

Red Sky

In this photograph, the artist places a man facing away, perched on a tower. This is the work of expectation, questioning, uncertainty. He is the attentive and patient spectator, scanning the shimmering waters of the coming evening. We are faced with the expectation of a hypothetical arrival or departure, and here the man is the guardian of this land, the one who will announce a change to come but also the one who waits for it, hopes for it and calls it from all his wishes. Just like Lieutenant Drogo in The Tartar Steppe by Dino Buzzati, this man looks at the elapsing time, the inexorable passage of time as each grain of sand ineluctably falls through into the hourglass. He is certainly unaware of things to come, but holds by his high position the assurance of knowing what will happen. Becoming the guardrail, the wise man of the watchtower, the fragile but tangible upholding of a relative peace. The setting sun bathes the work with a gentle melancholy, a diffuse beauty that embraces these glowing colours announce the coming night, a change of light, another day that this man expects. Expectation and hope.

 

©LiseCouzinierMerlointaine

Mer lointaine et bien proche Photographie, tirage sur forex 60×90 cm Gabon, Port-Gentil, 2008.

 

 

Mer lointaine et bien proche

Photographie, tirage sur forex 60×90 cm
Gabon, Port-Gentil, 2008.

La photographie de « Mer Lointaine » a été prise à Port-Gentil au Gabon. La devise latine de cette ville est « Olim arena, hodie, urbs » : « une plage de sable autrefois, aujourd’hui une ville ».
Cette sentence est ici illustrée par la présence de cet homme au bord de l’eau clivé entre le passé fait d’une terre de sable et un futur toujours plus complexe tout de béton et de métal. Au loin sur l’eau, on peut apercevoir son seul lien, son seul référent à la tradition et au passé : un pêcheur qui avec son filet perpétue les coutumes ancestrales dans un geste millénaire. Il regarde les épaves au loin sur la mer, navires échoués et abandonnés. Coques de noix à la dérive. Jouets de l’homme moderne construisant frénétiquement pour mieux dominer, tel un apprenti sorcier, sans se soucier de l’impact laissé et de la trace de ses actions.
Quel sens donner à cette modernité si vite oublié ? Comment se placer entre le passé et le futur si proche et si lointain à la fois ?
Cet homme est le lien, il tente d’être le chaînon réunissant et synthétisant le temps.Il veut redonner du sens et trouver humblement sa place.

Distant sea and very close

The photography Distant Sea and very close was taken in Port-Gentil in Gabon. The Latin motto of the city is « Olim arena, hodie, urbs »: « Sandy beach once, now a city ». This sentence is here illustrated by the presence of this man at the edge of the water divided between the past made of a land of sand and an increasingly complex future made from concrete and metal. In the distance on the water, one can see his only connection, his only reference to tradition and past: a fisherman with his net perpetuating ancestral customs in a thousand-year-old gesture. He looks at the shipwrecks in the distance on the sea, stranded and abandoned ships. Skiffs adrift. Toys of modern man frenetically building to better dominate, just like a sorcerer’s apprentice, regardless of the impact left and the traces of his actions. What meaning to give to this modernity so quickly forgotten? How to stand between the past and the future so near and so far away at the same time? This man is the connection, he tries to be the link that gathers and synthesizes time. He wants to give meaning and humbly find his place.

MerNoire©LC

Mer Noire 80x100cm sur forex. Photographie, Marseille, 2013.

Mer Noire

80x100cm sur forex. Photographie, Marseille, 2013.

Dans cette œuvre le mystère et le hasard se jouent de nous. Le marc de café devient cartographie complexe. Il trace des lignes, des pleins et des creux et son pouvoir divinatoire donne la carte à jouer. Fragile trame , vague imaginaire, réseau poétique et mystérieux dessiné par le fil graphique de ce noir profond. Noire de la mer ? « Onde calme et noire, où se reflètent les étoiles »En turquie, Karadeniz, signifie « mer Noire » du terme kara, désignant le “noir”, le Nord. Cette danse orientale toute de noire vêtue est-elle signe de bon augure ? Comment naviguer sur ces eaux troubles ? Le noir hypnotique des eaux profondes, ces abysses incertaines qui dorment paisiblement … mais qu’en est-il vraiment ? Ne doit-on pas se méfier de l’eau qui dort ?

Black Sea

In this work, mystery and chance are duping us. The coffee grounds become a complex cartography. They draw lines, solids and hollows and their power of divination deals the playing card. Fragile frame, imaginary wave, poetic and mysterious network designed by the graphic thread of this deep black.The black of the sea? « Calm and black wave, where the stars are reflected. » In Turkey, Karadeniz, means « Black Sea » from the word kara, denoting the « black », the North. Is this oriental dance dressed all in black the sign of a good omen? How to navigate on these troubled waters? Hypnotic blackness of the deep water, this uncertain abyss sleeping peacefully … But what is it really? Should we not be wary of calm water?

Invitationauxvoyages©LC

Invitation aux voyages Photographie, tirage sur forex 70×100 cm Marseille, 2010.

 

Invitation aux voyages
Photographie, tirage sur forex 70×100 cm Marseille, 2010.

Perte d’échelle, macrocosme dans le microcosme, se noyer dans les pages, perdre pied dans les phrases, se baigner dans un océan de mots et de livres.
L’artiste nous convie ici à voguer sur la cime des pages. Les livres représentent le savoir, la connaissance, l’eau de la sagesse dans laquelle on vient inlassablement puiser compréhension et érudition. Être nourri par les livres comme l’eau épanche notre soif. Ici on navigue sur les vagues et on vient puiser aux sources de l’érudition.

Dans  » L’Invitation au voyage », Baudelaire écrivait :

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux
 Dont l’humeur est vagabonde ;

C’est pour assouvir
   Ton moindre désir
 Qu’ils viennent du bout du monde.
(…)
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
 Luxe, calme et volupté.

Chercher l’oasis où se ressourcer et y trouver la beauté, voilà un beau voyage pour lequel on embarquerait, même sur ce petit radeau de fortune d’une Alice aux pays des merveilles perdue dans ces pages.

 

Invitation to travel

Loss of scale, macrocosm in the microcosm, drowning in pages, losing ground in sentences, swimming in an ocean of words and book.The artist invites us here to sail over the top of the pages. Books represent knowledge, the water of wisdom in which we draw relentlessly understanding and erudition. Be nourished by books just like water quenches our thirst. Here one sails on the waves and comes to draw from the sources of erudition.

In the Invitation to the Voyage, Baudelaire wrote:

See on the canals

Those vessels sleeping

Their mood is adventurous;

It’s to satisfy

Your slightest desire

That they come from the ends of the earth.

(…)

There all is order and beauty,

Luxury, peace, and pleasure.

 Searching the oasis where to recharge and find there the beauty, that’s a great trip for which we would embark on even this small makeshift raft of an Alice in Wonderland lost in these pages.

lereveachanged'endroit©LC

Le rêve a changé d’endroit Photographie, tirage sur forex 70×100 cm, Marseille, 2013.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Le rêve a changé d’endroit
Photographie, tirage sur forex 70×100 cm, Marseille, 2013.

Dans cette photographie le bateau est message, une calligraphie tortueuse, un palimpseste contemporain à déchiffrer comme une bouteille à la mer.
L’eau est transport, elle est signe et signifiante, amenant contre vents et marées nouvelles ou silences. Ici ce radeau de papier est comme figé, statue de sel sur des eaux immobiles. Les mots restent à l’arrêt, au sec, les mots ne se mouillent pas, ne s’investissent pas, comme échoués et perdus sur un banc de sable lointain et coloré mais muet.
Comment faire entendre ainsi sa voix ? Trouver la bonne voie et parvenir à avancer ? Trouver les bons mots ? Sans bateau et sans eau Homère n’aurait su que faire de son Ulysse … une bien triste Odyssée. De ceux qui de l’autre côté de la Méditerranée rêvent de traverser cette étendue bleue pour trouver autant d’espoirs que de désillusions, combien restent à quai ? Des monolithes figés espérant naviguer. Une eau salée pour voguer vers d’autres terres plus clémentes, de l’eau douce pour alimenter le suc des mots. Sans cet élixir de vie et de voyage, point de salut aux hommes.

The dream has changed location

In this photograph, the boat is a message, a tortuous calligraphy, a contemporary palimpsest to decipher like a bottle at sea.Water is transportation, it is a sign and signifying, bringing against winds and tides news or silences. Here the raft made of paper is like frozen, a statue of salt on the still waters.The words remain motionless, in the dry, the words do not get their feet wet, do not invest, like stranded and lost on a sandbank far away and colourful but mute.How to make one’s voice heard then? Finding the right path and managing to go forward? Finding the right words? Without a boat and without water, Homer would not have known what to do with Ulysses … a very sad Odyssey. Of those, on the other side of the Mediterranean, who dream to cross this blue expanse to find as much hope as disillusions, how many are docked? Fixed monoliths hoping to navigate. Salt water to sail towards a more lenient land, fresh water to supply the juice from words. Without this elixir of life and voyage, there is no salvation for men.

meduse dossier

Méduse noire Rames en bois, bouée plastique, corde, peinture acrylique. 1,5 x 1,5 x 1,5 m, Marseille 2013

Méduse noire

Rames en bois, bouée plastique, corde, peinture acrylique

1,5 x 1,5 x 1,5 m, Marseille 2013

Dans cette installation-sculpture l’artiste nous donne à voir une version moderne du naufrage. Elle questionne ainsi sur la thématique de la survie des hommes pris dans les tourments maritimes.
L’eau est un écueil à traverser, une terra incognita à conquérir, à apprivoiser.
Tant s’y sont perdus.
Dans le très célèbre Radeau de la méduse de Géricault, toile romantique iconique de 1819, les hommes sont alors les accessoires du fatum, du grand destin.
La barque, le radeau de fortune devient alors l’épicentre de tout, seul lien ténu avec l’espoir qui laisse la vie sauve, mais pour combien de temps encore ?
Dans l’Égypte antique la barque de Rê était l’attribut solaire, symbole de force et de création. Chez Géricault ou encore chez Delacroix dans le Naufrage de Don Juan, toile de 1841, la barque devient alors symbole d’angoisse et de mort.

Black medusa

In this sculpture-installation the artist shows us a modern version of the shipwreck. She thus questions the thematic of the survival of men caught in maritime torments. Water is a reef to cross, a terra incognita to conquer, to tame. So many got lost there. In the famous Raft of the Medusa by Géricault, an iconic and romantic painting of 1819, men are then the fatum accessories, of great destiny. The small boat, the makeshift raft becomes then the epicentre of everything, the only tenuous link with the hope that it would spare one’s life, but for how long? In ancient Egypt the barge of Ra was the solar attribute, a symbol of strength and creation. With Géricault or also Delacroix in the Shipwreck of Don Juan, painting from 1841, the boat then becomes a symbol of anguish and death.

 

Embarcation de fortune  Bois, acrylique, 1,70cmx2m

Embarcation de fortune Bois, acrylique, 1,70cmx2m

Embarcation de fortune

Bois, acrylique, 1,70cmx2m

Cette installation complexe faite d’éléments hétéroclites de récupération en impose tout d’abord par sa place dans l’espace. La singularité de l’œuvre se réfère à une spartiate mais néanmoins complexe embarcation, qui comme son nom  l’indique se veut « de fortune ». Une chaise, deux pagaies  divers objets qui questionnent sur la stabilité et la sécurité du moyen de transport. Serait il possible de naviguer de façon si précaire ? Le dénuement si total de l’installation est celui du voyageur de rien, qui de trois bouts de ficelles tente le voyage et l’épopée de la traversée. Face à lui même et à ses doutes il tourne en rond et  il tourne sur lui même. La terre ferme pourrait-elle être en vue ?

Makeshift boat

This complex installation made ​​of heterogeneous elements from salvage material is imposing first by its place in space. The singularity of the work refers to a spartan but nevertheless complex boat, which as its name suggests means « rough-and-ready ». A chair, two oars, various objects which question the stability and the safety of the transportation. Would it be possible to navigate so precariously? The total deprivation of the installation is from the traveller of nothing, who with three pieces of string attempts the voyage and the epic journey. Facing himself and his doubts he turns in a circle and turns round. Could dry land be in sight?

ﺣﺮﺍﻗـة  Dessin au charbon, 2mx1,30m. Marseille, 2013.

ﺣﺮﺍﻗـة Dessin au charbon, 2mx1,30m. Marseille, 2013.

ﺣﺮﺍﻗـة

Dessin au charbon, 2mx1,30m. Marseille, 2013.

ḥarrāga, ḥarrāg de l’arabe nord-africain, ce « qui brûle » ou clandestin.Cette calligraphie arabe nous parle du clandestin, du passeur de routes, de frontières, de celui sans cesse en quête de meilleur lendemain. Le clandestin c’est celui qui brûle les codes, les chemins, les cartes, fait feu de tout bois, le courageux qui n’a peur de rien pour gagner une terre promise et un avenir plus confiant. Il n’a souvent pour seul bagage que sa témérité, son inconscience et sa folie. C’est une tête brûlée. Comme un Icare moderne qui sans foi ni loi, affranchi de tout et prêt à tout, brûle ses ailes de cire en s’approchant de trop prés du soleil. Jouer son va-tout pour l’ailleurs.

Harraga

ḥarrāga, ḥarrāg, from the North African Arabic, « the one who burns » or clandestine. This Arabic calligraphy speaks of the clandestine, the road and border smuggler, who constantly goes in search of a better tomorrow.The clandestine is the one who burns the codes, the roads, the cards, makes the most of what he has, the brave who does not fear anything to earn a promised land and a more confident future. His only luggage is often his rashness, his thoughtlessness and insanity. He is a hothead Like a modern Icarus fearing neither God nor man, freed from everything and ready for anything, burns his wings made of wax, approaching too close to the sun. Staking his all for elsewhere.

 

©Lise Couzinier

A Vif #2 Travail sur l’érosion ©Lise Couzinier
Photo sur caisson lumineux 40×40 cm

©Lise Couzinier

« A vif » #1 photo sur caisson lumineux, travail sur l’érosion, 40x60cm

avif©LC

A vif
Photographie,
Caissons lumineux
Marseille, 2013
L’érosion du temps.

Capture d’écran 2013-10-09 à 07.55.41Capture d’écran 2013-10-09 à 08.11.40
Capture d’écran 2013-10-09 à 08.11.57

 

3 commentaires sur “L’eau est elle la même des 2 côtés du bateau? / Is water the same both sides of the boat ?

  1. sedjalmustaphasedjal
    octobre 20, 2013

    bsr, j’ai l’impression que quelques part…nous sommes dans le même bateau. artistiquement / Mustapha sedjal Plasticien, Paris.

  2. liseco
    octobre 21, 2013

    Oui, j’ai comme une « vague » impression commune. 🙂

  3. liseco
    mars 7, 2014

    Je viendrai le 15 mars vous rencontrer avec plaisir… J’ai discuté avec Karima Célestin le week-end dernier au sujet de votre vidéo. A bientôt

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